(Avertissement : ce blog est un blog militant, non seulement par son contenu mais aussi par son statut. J'ai toujours refusé de cautionner la logique de la marchandisation capitaliste, tout particulièrement à l'égard de cette escroquerie idéologique que constitue, à mes yeux, la notion de propriété intellectuelle. Aussi, les divers textes que j'ai rédigés et mis en ligne sont-ils, naturellement, libres de droits. Copiez-les, pillez-les, diffusez-les ! Soyons le plus nombreux possible à penser le plus possible !)

mercredi 1 mai 2019

JILL ET JOHN (FIN DE PARTIE).

"Jill : Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. (Un temps.) Les grains s’ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c’est un tas, un petit tas, l’impossible tas. (Un temps.) On ne peut plus me punir". La colère, la divine colère, la mènis d'Achille ou d'Ulysse, obéit à la même logique que le tas de sable : un grain ne fait pas un tas, un grain de plus ajouté à un non-tas ne fait pas non plus un tas, etc. et pourtant, à partir d'un certain moment, on a néanmoins un tas. Même chose pour la colère : chacune des petites humiliations quotidiennes est presque indolore, à la longue, l'accumulation finit même par paraître normale (de même que l'ajout d'un grain à un grain peut aplatir le tas au lieu de le faire monter) et pourtant, un jour ... ça prend ... miracle !