(Avertissement : ce blog est un blog militant, non seulement par son contenu mais aussi par son statut. J'ai toujours refusé de cautionner la logique de la marchandisation capitaliste, tout particulièrement à l'égard de cette escroquerie idéologique que constitue, à mes yeux, la notion de propriété intellectuelle. Aussi, les divers textes que j'ai rédigés et mis en ligne sont-ils, naturellement, libres de droits. Copiez-les, pillez-les, diffusez-les ! Soyons le plus nombreux possible à penser le plus possible !)

vendredi 7 avril 2017

POST-VERITE, POST-POLITIQUE, POST-HUMANITE.

À la suite de l'événement médiatiquement connu sous la barbare appellation de "Brexit"1 et à la veille de deux autres grands shows hollywoodiens (la campagne américaine de l'automne 2016 et la campagne française du printemps 2017) qui eussent certainement apporté de l'eau à son moulin, Katharine Viner, rédactrice en chef du Guardian écrit : "this was the first major vote in the era of post-truth politics : the listless remain campaign attempted to fight fantasy with facts, but quickly found that the currency of fact had been badly debased"(the Guardian, 12 juillet 2016)2. L'affirmation selon laquelle nous vivrions, désormais, dans une ère de post-vérité, pour pertinente qu'elle semble, mérite toutefois d'être questionnée et approfondie. C'est ce que fait, par exemple, Patrick Michel sur le site d'ACRIMED : "nous vivrions actuellement dans l’ère de la « post-vérité », dans laquelle la vérité a perdu sa valeur de référence dans le débat public, au profit des croyances et des émotions suscitées ou encouragées par les fausses nouvelles devenues virales grâce aux réseaux sociaux. Sans doute la diffusion de fausses nouvelles est-elle une réalité, mais la façon dont certains journalistes des grands médias, et en particulier les cadres des rédactions, posent le problème, ne nous en apprend pas tant sur l’idée bancale de « post-vérité » que sur les croyances de ces mêmes journalistes et les points aveugles de la conception du rôle qu’ils jouent dans les événements politiques en général, et dans la situation actuelle en particulier "(Patrick Michel, "Post-Vérité" et "Fake News" : Fausses Clartés et Points Aveugles)3. Ce passage présente l'avantage de résumer parfaitement ce que nous considérons être les deux principaux problèmes que recèle la notion, apparemment très explicite et très commode, de "post-vérité" : d'une part elle décrit bien un phénomène important mais, ce faisant, d'autre part, elle en dissimule symptomatiquement un autre au moins aussi important.

POST-VERITE, POST-POLITIQUE, POST-HUMANITE (suite).

POST-VERITE, POST-POLITIQUE, POST-HUMANITE (suite et fin).