(Avertissement : ce blog est un blog militant, non seulement par son contenu mais aussi par son statut. J'ai toujours refusé de cautionner la logique de la marchandisation capitaliste, tout particulièrement à l'égard de cette escroquerie idéologique que constitue, à mes yeux, la notion de propriété intellectuelle. Aussi, les divers textes que j'ai rédigés et mis en ligne sont-ils, naturellement, libres de droits. Copiez-les, pillez-les, diffusez-les ! Soyons le plus nombreux possible à penser le plus possible !)

mardi 27 octobre 2009

REFERENCES DES RENVOIS (B111 - B327 - DMB)


B111 « Au commencement l'âme est ce qu'on appelle une tabula rasa, vide de tout caractère, sans aucune idée quelle qu'elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? [...] De l'expérience, des observations que nous fai­sons sur les objets exté­rieurs et sensibles, ou sur les opérations intérieures de notre âme. »(Locke, Essai Philo­sophique concernant l'Entendement Humain, I, iv, 24)
B112 « Quand il s'agit de l'acquisition de la science, [...] la vue et l'ouïe offrent-ils quelque certitude ou [...] n'entendons-nous et ne voyons-nous jamais rien exactement ? [...] Qui donc atteindrait le plus haut de­gré de pureté en la connaissance, sinon celui qui recourrait le plus possible à la seule pensée, sans conjoindre à cette activité la vue non plus qu’aucune autre sensation. »(Platon, Phédon, 65c-66a)
B113 « Si notre connais­sance commence avec l’expérience, elle ne dérive pas toute de l’expé­rience. [Car] des observa­tions faites au hasard et sans plan tracé d’avance ne se rassemblent pas en une loi nécessaire. [Or] il se pourrait que notre connaissance fût composée de ce que nous recevons par des impres­sions sensibles, et de ce que notre propre faculté de connaître tire d’elle-même. »(Kant, Cri­tique de la Raison Pure, III, 10)
B114 « L’essence d’une chose n’est rien d’autre que sa puissance de passer à l’acte [...]. Donc une chose est possible si son passage à l’acte dont elle est dite avoir la puissance n’entraîne aucune impossibilité [...]. Mais si une chose est possible dans le sens où elle est réalisable, on ne pourra pas en même temps dire que cette chose est possible mais que pourtant elle ne sera pas. »(Aristote, Métaphysique, T, 1047a-b)
B115 « La forme d'une représentation est la possibilité que les choses soient entre elles dans le même rapport que les éléments de l'image [...]. L'image figure une situation possible dans l'espace logique [...]. Les possibilités de vérité des propo­sitions élémentaires sont les conditions de vérité ou de fausseté des propositions. [Donc] est possible la proposition pourvue de sens. »(Wittgenstein, Tractatus, 2.151-5.525)
B116 « Est réel ce qui s’accorde avec les conditions matérielles de l’expérience, à savoir la sensation. Ce qui s’ac­corde avec les conditions formelles de l’expérience n’est que possible. [Donc] ce qui est possible est déterminé a priori par l’enten­dement lui-même comme objet d’une expérience en général [...]. Les concepts a priori sont les conditions générales de l’expérience possible. »(Kant, Critique de la Raison Pure, III, 185-190)

B121 « Or il est une chose que tous ceux qui sont tant soit peu versés dans la géométrie ne nous contesteront pas, c'est que cette science a un objet entièrement différent de ce que prétendent les praticiens [...]. Car toute cette science n'est cultivée qu'en vue de la connaissance [...]. On la cultive pour connaître ce qui est toujours, et non ce qui à un moment donné naît et périt. [...] Elle est donc, mon brave ami, propre à tirer l'âme vers la vérité et à faire naître l'esprit philosophique. »(Platon, République, VII, 527 a-b)
B122 «Toutes nos idées sont des copies de nos im­pressions. [Donc] une idée est plus faible et plus effacée qu’une impression. [E.g.], nos idées [géométriques] semblent affirmer que deux lignes [parallèles] ne peuvent avoir un segment commun ; mais [...] si l’angle qu’elles forment est extrêmement petit, nous n’avons aucun critère pour nous assurer de la vérité de cette proposi­tion. »(Hume, Traité de la Nature Humaine, I, iii, 1)
B123 « Les jugements mathématiques sont tous synthétiques [ils relient des objets], mais leur application à l’expé­rience se fait entièrement a prio­ri [car ils] ajoutent à ce qui est donné aux sens quelque chose qui n’y était pas contenu [...]. Par suite, la mathématique comporte une nécessité absolue tout en étant appli­cable dans toute sa précision aux objets de l’expérience sensible. »(Kant, Critique de la Raison Pure, III, 39-184)
B124 « [La Nature, c'est l’ordre et la disposition que Dieu a établis dans les choses créées. Aussi], connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connais­sons les di­vers métiers de nos artisans, nous pourrions ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la Nature. »(Descartes, Discours de la Méthode, VI)
B125 « Nous admettons que la matière, dans toutes ses opérations, est actionnée par une cause nécessaire. [Or], notre idée de nécessité et de causalité naît entièrement de l’observation d’une uniformité dans les opérations de la nature où des objets semblables sont constamment conjoints les uns aux autres et l’esprit accoutumé à inférer l’un de l’apparition de l’autre. »(Hume, Enquête sur l’Entendement Humain, VIII, 1)
B126 « La mathématique donne le plus éclatant exemple d’une Raison pure [faculté des principes a priori] qui s’étend d’elle-même avec succès, sans le se­cours de l’expérience. [Grâce à elle], la science est donc une législation universelle pour la Na­ture [...]. La Na­ture, c'est l'existence des choses en tant que déterminée selon des lois universelles. »(Kant, Critique de la Raison Pure, III, 468 ; IV, 94)
B127 « La méthode scientifique, qui a permis une domination de la nature de plus en plus efficace, a fourni les concepts purs, mais aussi l’ensemble des instruments qui ont favorisé une domination de l’homme par l’homme de plus en plus efficace, à travers la domination de la nature. La raison théorique, en restant pure et neutre, est entrée au ser­vice de l’instrumentalisation des hommes. »(Marcuse, l’Homme Unidimensionnel, VI)
B128 « [La totalité des propositions vraies constitue la totalité des sciences de la nature]. Pourtant les philosophes ont constamment à l’esprit la méthode scientifique et sont tentés de poser des questions et d’y répondre à la manière de la science : cette tendance est la vraie source de la métaphysique qui mène le philosophe en pleine obscurité. »(Wittgenstein, le Cahier Bleu, 28-29)
B129 « On peut, en cas d’expérience récalcitrante, soit modifier certains énoncés théoriques, soit préserver la vérité de la théorie en alléguant une hallucination. [...] Les objets physiques et les dieux ne trouvent place dans une théorie que pour autant qu’ils sont culturellement postulés. »(Quine, deux Dogmes de l’Empirisme, vi)


B211 « Je ne reconnais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, [...] et il est certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique, en sorte que toutes les choses qui sont artificielles, sont avec cela naturelles. [Qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense [...]. Il n’y a rien qui soit plus facile à connaître que mon esprit]. »(Descartes, Principes de la Philosophie, IV, art.203)
B212 « [Un homme] peut convenir, avec d’autres hommes, de se joindre et s’unir en société pour leur conservation, pour leur sûreté mu­tuelle, pour la tranquillité de leur vie [...]. Quand un certain nombre de personnes sont convenues ainsi de former une communauté et un gouvernement, ils sont par là en même temps intégrés, et composent un seul corps politique dans lequel le plus grand nombre a droit de conclure et d’agir. »(Locke, Traité du Gou­vernement Civil, §95)
B213 « Tous les rites sont des actions que l'on peut nommer instinctives et une explication historique [ou sociologique] est une supposition superflue qui n'explique rien. Certes, il y a bien une analogie entre une action humaine et un mouve­ment naturel, mais on ne peut rien constater de plus que cette analogie. »(Wittgenstein, Remarques sur "le Rameau d'Or" de Frazer, 12)
B214 « Les conditionnements as­sociés à une classe particulière de conditions d’existence produisent des habitus, sys­tèmes de dispositions durables et transposables [...], principes générateurs et organisateurs de pratiques et de représentat­ions. [Par exemple] l'affirmation de l’irréductibilité de la conscience [...] est une manière de définir et défendre la fron­tière entre ce qui appartient en propre à la philosophie et ce qu’elle peut abandonner aux sciences. »(Bourdieu, Choses Dites)
B215 « La première règle est de considérer les faits sociaux comme des choses. [...] La plupart de nos idées, de nos ten­dances ne sont pas éla­borées par cha­cun d'entre nous, mais sont des manières d'agir, de penser, de sentir, qui s’imposent à l'individu. [C’est] la statistique qui nous fournit le moyen de les isoler. »(Durkheim, les Règles de la Mé­thode Sociologique)
B216 « La sociologie dévoile [par exemple] la corrélation entre la réussite scolaire et l’origine sociale [...]. La fonction scientifique de la sociologie est de décrire le monde social, à commencer par les relations de pouvoir. Opération qui n’est pas neutre socialement et qui remplit sans doute une fonction sociale. Entre autres parce qu’il n’est pas de pouvoir qui ne doive une part de son efficacité à la méconnaissance des mécanismes qui le fondent. »(Bourdieu, Questions de Sociologie, ii)

B221 « Est enchanté un monde social dépourvu de sens face à un cosmos [univers naturel] qui, lui, est doté de sens [...]. Nous appelons so­ciologie une science qui se propose de comprendre par interprétation l'action sociale [...]. Nous entendons par action un comporte­ment humain quand et pour autant que l'agent lui communique un sens subjectif [...]. La conduite de la vie, partout où elle a été ra­tionalisée, a vu son évolution profondément modifiée par ce sens subjectif. »(Weber, Sociologie des Reli­gions)
B222 « Les sciences ont deux extrémités qui se touchent. La première est la pure ignorance où se trouvent tous les hommes en nais­sant. L'autre extré­mité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien [...] ; mais c'est une ignorance savante qui se connaît. Ceux qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu arriver à l'autre, [les demi-savants] troublent le monde, et jugent mal de tout. »(Pascal, Pen­sées, B327)
B223 « [La sociologie] ne peut compter sur les pa­trons, les évêques ou les journalistes pour louer la scientifici­té de travaux qui dévoilent les fondements cachés de leur do­mination et travailler à en divulguer les résultats. [Pire], nombre de ceux qui se désignent comme sociologues ou éco­nomistes sont des ingénieurs so­ciaux qui ont pour fonction de fournir aux membres de la classe dominante la connais­sance pratique ou demi-savante dont ils ont besoin pour rationaliser leur domina­tion, [instaurant] une violence symbolique par laquelle les dominés contribuent à leur propre domination. »(Bourdieu, Questions de Sociologie, pro.)
B224 « La psychanalyse se refuse à considérer la conscience comme formant l'essence même de la vie psychique [...]. C'est en ce point qu'intervient la théorie psychanalytique, pour déclarer que si certaines représentations sont incapables de de­venir conscientes, c'est à cause d'une certaine force de refoulement qui s'y oppose, que sans cette force elles pour­raient bien devenir conscientes. »(Freud, Essais de Psychanalyse, II)
B225 « À toute époque, les idées de la classe dominante sont les idées dominantes [...]. Autrement dit la classe qui est la puis­sance matérielle dominante de la société [...] dispose des moyens de la production matérielle et, en même temps, des moyens de la production intellectuelle [...]. Les pensées dominantes ne sont rien d’autre que l’expression en idées des conditions matérielles dominantes. »(Marx, l’Idéologie Allemande)
B226 « La croyance collective dans le jeu (illusio) et dans la valeur sacrée de ses enjeux est à la fois la condition et le pro­duit du fonctionnement même du jeu […]. On ne peut donc fonder une véritable science […] qu’à condition de s’arra­cher à l’illusio et de suspendre la relation de complicité et de connivence qui lie tout homme cultivé au jeu culturel pour constituer ce jeu en objet. [Car] le déterminisme n’opère pleinement qu’à la faveur de l’inconscient. »(Bourdieu, les Règles de l’Art, ii, 2)


B311 « Le principal usage de l’histoire est de nous montrer les hommes en diverses circonstances et situa­tions, et, en nous fournissant des ma­tériaux d’où nous pouvons former nos observations, nous familiariser avec les ressorts réguliers de l’action et de la conduite humaine. »(Hume, Enquête sur l’Entendement Hu­main, VIII, 1)
B312 « Les hommes réussissent à doter de quelque permanence leurs actions : la capacité hu­maine d’accomplir cela, c’est la mémoire [...]. Car, comme les Grecs ont été les premiers à s'en aperce­voir, elles sont complètement fugaces, et ne laissent jamais un produit final derrière elles [...]. C’est pour cela que la tâche de l’­histoire est de sauver les actions humaines de la futilité qui vient de l’oubli. »(Arendt, la Crise de la Culture, II, i)
B313 « L'histoire universelle est la manifestation du processus divin, de la marche graduelle par laquelle l'Esprit connaît et réalise sa vérité. Tout ce qui est historique est une étape de cette Conscience de soi [...]. Les peuples historiques, les ca­ractères de leur éthique, de leur constitution, de leur art, de leur religion, de leur science, consti­tuent les confi­gurations de cette marche graduelle, [...] les moments de la poussée irrésistible de l'Esprit du Monde. »(Hegel, la Raison dans l’Histoire, ii)
B314 « Ce n’est pas la conscience qui détermine l’existence, c’est l’existence sociale qui détermine la conscience. Les hommes commencent à se distinguer des ani­maux dès qu’ils se mettent à pro­duire leurs moyens d’existence […] ; la produc­tion des idées, des représentations, de la conscience, est ensuite directement mêlée à leurs relations maté­rielles […] et à la division du travail qui y cor­respond. [Celle-ci] n’acquiert son caractère définitif que lorsqu’intervient une divi­sion du travail matériel et du travail intellectuel […] impliquant une répar­tition du tra­vail et de ses pro­duits, inégale en quantité comme en qualité […]. D'où l’existence de classes sociales dont l’une domine l’autre. »(Marx-Engels, l’Idéologie Alle­mande)
B315 « J’entends par antagonisme l’insociable sociabilité des hommes, c’est-à-dire leur inclination à entrer en société, in­clination qui est doublée d’une répulsion générale à le faire, menaçant constamment de désagréger cette socié­té. [...] C’est cette résistance qui éveille toutes les forces de l’homme. [En particulier, les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle [comme] incapacité de se servir de son entendement.] »(Kant, Idée d’une Histoire Universelle du point de vue Cos­mopolitique)
B316 « On attribue par exemple aux idées des Lumières le pouvoir d’avoir permis le déclenchement de la Révolution Fran­çaise. [Or] l’existence d’idées révolutionnaires suppose l’existence préalable d’une classe révolutionnaire. [Et d’une manière générale], une révolution naît de la contradiction entre les forces productives matérielles de la société et les rapports de pro­duction existants. [L'histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de la lutte des classes.] »(Marx-Engels, l’Idéologie Alle­mande)

B321 « Socrate : vous êtes tous frères, dirons-nous, [...] mais le dieu qui vous a formés a fait entrer de l’or dans la composition de ceux d’entre nous qui sont capables de commander, de l’argent dans la compo­sition des gardiens, du fer et de l’airain dans celle des laboureurs et des autres artisans. »(Platon, République, III, 415a)
B322 « Le système scolaire, à travers notamment l’enseignement de l’histoire […], inculque les fondements d’une véritable religion civique, et plus précisément, les présupposés fondamentaux de l’image nationale de soi. [Il s'agit] de fonder en raison les divisions arbitraires de l’ordre social, et d’abord la divi­sion du travail, et de donner aussi une solution au problème du classement des hommes. »(Bourdieu, Raisons Pratiques, iv)
B323 « En chacun de nous, suivant des proportions variables, il y a de l’homme d’hier ; et c’est même l’homme d’hier qui, par la force des choses, est prédominant en nous, puisque le présent n’est que bien peu de choses comparé à ce long passé au cours duquel nous nous sommes formés et d’où nous résultons. Cet homme du passé, nous ne le sentons pas parce qu’il [...] forme la partie inconsciente de nous-mêmes […]. En définitive, l’histoire n’est autre chose que l’analyse du présent. »(Durkheim, l’Évolution Pédagogique en France)
B324 « L’ensemble des rapports de production est la structure économique de la société, la base réelle sur quoi s’élève une superstructure juridique et politique à quoi correspondent des formes de conscience so­ciale détermi­nées [afin que] les forces productives de la société n’entrent en contradiction avec les rap­ports de pro­ductions. Donc, de même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il a de lui-même, on ne juge pas non plus une époque sur la conscience qu’elle a d’elle-même. [En toute idéologie, les hommes et leurs condi­tions apparaissent sens-dessus-des­sous]»(Marx, Cri­tique de l’Économie Politique)
B325 « C’est seulement par exception, notamment dans les moments de crise, que peut se former, chez certains agents, une re­présentation consciente et explicite du jeu en tant que jeu, ce qui détruit l’investissement dans le jeu, l’illusio [le fait d’être pris au jeu], en le faisant apparaître telle qu’il est toujours objectivement (c’est-à-dire pour un observateur étran­ger au jeu, donc indiffé­rent à ses enjeux). »(Bourdieu, les Règles de l’Art, ii, 2)
B326 « L’objet étant ce qui s’oppose à ce que nos connaissances soient déterminées arbitrairement, [...] les lois sont des règles objectives en tant qu’elles sont nécessairement attachées à la connaissance de leur ob­jet. [Or] la connaissance histo­rique est cognitio ex datis [connaissance empririque] et non cognitio ex principiis [connaissance rationnelle]. »(Kant, Critique de la Raison Pure, IV, 92)
B327 « Un jour [lorsque l'histoire aura produit une société communiste, i.e. une société sans classes], les sciences de la nature engloberont les sciences de l’homme, tout comme les sciences de l’homme englo­beront les sciences de la nature : il n’y aura plus qu’une seule science. [A savoir] l’­histoire universelle, c'est-à-dire l’histoire objective de la génération de l’homme par le travail humain. »(Marx, Manuscrits Parisiens de 1844)








La mécanique est le modèle des sciences et [la] psychologie a pour idéal une mécanique de l’âme [avec] des expé­rimentations de physique d’une part, et d’autre part des expérimentations de psychologie. [Or] une des choses les plus importantes pour une expérimentation en physique, c’est qu’elle doit marcher, qu’elle doit nous rendre capable de prévoir avec succès : la physique est liée à l’art de l’ingénieur, le pont ne doit pas s’effondrer. [Mais] certains ont trouvé une façon tout à fait nouvelle de rendre compte d’une explication : non pas une explication conforme à l’expérience (cause) mais une explication simplement acceptée (motif) : [par exemple], le critère permettant de dire que la psychanalyse a réussi, c’est que cela vous a satisfait. [En effet], certaines explications ne sont pas conformes à l’expérience mais sont simplement satisfaisantes [dans le sens où] certaines explications exercent, à un moment donné, une attraction irrésistible.
Wittgenstein, Leçons sur l’Esthétique, II-III